Questions / Réponses

À propos de Marie Vassilieff

Marie Vassilieff (1884-1957) est une peintre et sculptrice russe installée à Paris, figure majeure de l’École de Paris et de l’avant-garde du début du XXe siècle. Née à Smolensk dans une famille aisée, elle interrompt des études de médecine pour entrer à l’Académie impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, puis gagne Paris en 1905 grâce à une bourse de la tsarine. Elle devient l’élève d’Henri Matisse, fréquente Picasso, Braque, Fernand Léger, Apollinaire, et s’impose rapidement comme une figure centrale de Montparnasse.

En 1912, elle fonde l’Académie Vassilieff au 21 avenue du Maine, lieu de rencontre cosmopolite où hommes et femmes travaillent ensemble. En 1914, elle transforme son atelier en cantine pour artistes pendant la Grande Guerre, accueillant chaque soir une cinquantaine de convives pour quelques centimes. Le 14 janvier 1917, elle y donne le célèbre Banquet Braque, réunissant Picasso, Matisse, Fernand Léger, Blaise Cendrars et Modigliani.

Son œuvre est multiple : peintures cubistes, poupées-portraits en matériaux de récupération (rhodoïd, cuir, noix de coco), costumes pour les Ballets suédois de Rolf de Maré, masques, marionnettes, céramiques, dessins, icônes. Elle a refusé tout contrat avec un marchand d’art et assumé seule l’éducation de son fils Pierre, qui devint colonel d’aviation. Malgré une vie de bohème souvent précaire, elle ne cessa jamais de créer jusqu’à sa mort à Nogent-sur-Marne en 1957.

Comme beaucoup d’artistes femmes de l’avant-garde, Marie Vassilieff a été progressivement effacée des récits canoniques de l’histoire de l’art, qui ont longtemps privilégié les trajectoires masculines. Sa pratique délibérément pluridisciplinaire — qui mêlait beaux-arts et arts appliqués, peinture et poupées, scène et atelier — a également contribué à la rendre difficile à classer. Elle n’a jamais eu de galeriste attitré ni de marchand pour défendre son œuvre sur la durée. Enfin, sa situation de femme étrangère, mère célibataire, artiste précaire, l’a tenue à l’écart des circuits institutionnels qui auraient pu assurer sa postérité. Le Comité Marie Vassilieff a précisément pour mission de réparer cet oubli.

Les collections publiques françaises conservent peu d’œuvres de Marie Vassilieff — moins de cinq pièces dans les musées nationaux. On en trouve davantage dans des musées étrangers, notamment en Suède. Des œuvres figurent également dans des collections privées dispersées en France, en Russie, en Grande-Bretagne et aux États-Unis. L’établissement d’un corpus exhaustif est précisément l’un des objectifs du catalogue raisonné en préparation.

Des œuvres de Marie Vassilieff sont régulièrement présentées dans les grandes expositions consacrées à l’École de Paris et aux avant-gardes du XXe siècle. En 2022, elle était représentée à la 59e Biennale de Venise et à l’exposition Pionnières au musée du Luxembourg. En 2023, le Petit Palais lui a fait une place dans Le Paris de la modernité 1905-1925. En 2026, la Peggy Guggenheim Collection de Venise lui consacre une section dans l’exposition Peggy Guggenheim in London: The Making of a Collector (25 avril – 19 octobre 2026).

L’ouvrage de référence est Marie Vassilieff — L’œuvre artistique, l’académie de peinture, la cantine de Montparnasse, par Claude Bernès et Benoît Noël (Éditions BVR, 2017). On consultera également Marie Vassilieff, figure de proue des avant-gardes, par Françoise Livinec et Benoît Noël (Éditions Françoise Livinec, 2022), ainsi que Painting Her Pleasure: Three Women Artists and the Nude in Early Twentieth-Century Paris, par Lauren Jimerson (Manchester University Press, 2023). Les mémoires de l’artiste, La Bohème du XXe siècle, rédigés pour l’essentiel en 1928, ont été partiellement publiés aux éditions Paradox en 2018.

À propos du Comité Marie Vassilieff

Le Comité Marie Vassilieff est une association fondée en 2026 dont la mission est de documenter, authentifier et faire rayonner l’œuvre de Marie Vassilieff. Il est né à l’occasion de la vente de la collection Claude Bernès, le 8 juin 2026 au château de Villandry. Maryan Bernès, sœur de Claude Bernès, a donné au Comité les archives que son frère avait constituées toute sa vie autour de l’artiste. Ces archives constituent le fonds de référence à partir duquel le Comité travaille.

Le Comité réunit six membres aux compétences complémentaires :

Cyrille Debrailly, arrière-petit-fils de Marie Vassilieff, représente les ayants droit de l’artiste au sein du Comité.

Agathe de Dompsure est archiviste, titulaire d’un master en histoire moderne (Paris IV) et d’un master en archivistique (Université d’Angers). Elle a élaboré le plan de classement et traité les archives Claude Bernès relatives à Marie Vassilieff.

Lauren Jimerson est docteure en histoire de l’art, spécialisée dans l’art moderne, les études de genre et la représentation du corps. Lauréate d’une bourse Fulbright, elle est l’auteure de Painting Her Pleasure (Manchester University Press, 2023) et a contribué au catalogue de l’exposition Pionnières (musée du Luxembourg, 2022).

Benoît Noël est docteur en histoire de l’art, ancien conservateur du Musée Fournaise, enseignant à l’Académie Charpentier et co-auteur avec Claude Bernès de l’ouvrage de référence sur Vassilieff (BVR, 2017).

Aymeric Rouillac est commissaire-priseur dans le Val de Loire et expert près la Cour d’Appel d’Orléans. Diplômé de Sciences Po et des Universités Paris I et Paris II, il a défendu l’œuvre de Vassilieff lors de plusieurs ventes et héberge les Archives Claude Bernès au sein de sa maison Rouillac.

Martine Sautory est historienne de l’art spécialisée en art sacré des XXe et XXIe siècles. Elle co-dirige la Galerie Saint-Séverin à Paris et contribue au catalogue raisonné de Maurice Denis (à paraître chez Flammarion en 2027).

Claude Bernès (1941-2025) était un collectionneur autodidacte qui a consacré un demi-siècle à rassembler la plus importante collection privée consacrée à Marie Vassilieff. Dès 1977, lors de la succession du docteur Pierre-Raoul Germain — mécène discret de l’artiste installé en Gironde —, il acquiert ses premières œuvres et entame une exploration minutieuse qui ne se démentira jamais. Il cosigne en 2017 avec Benoît Noël l’ouvrage de référence sur Vassilieff, prête ses œuvres aux expositions majeures en France et à l’étranger, et est reconnu par la communauté scientifique comme l’expert incontestable de l’œuvre. Il est aussi celui qui, en 2013, identifia dans Vanity Fair un faux Vassilieff signé du faussaire Wolfgang Beltracchi. À sa mort, sa sœur Maryan a fait don de ses archives au Comité pour que ce travail d’une vie continue de bénéficier aux chercheurs et aux collectionneurs.

Non. Le Comité émet des avis scientifiques fondés sur l’examen physique des œuvres et l’état des connaissances. Ces avis sont collégiaux et engagent la responsabilité de l’association, mais ils ne constituent pas des certificats commerciaux au sens juridique du terme. Aucun avis ne sera émis sur la seule base de photographies.

Un certificat d’authenticité est un document commercial, souvent établi par une seule personne, qui engage sa responsabilité personnelle. Un avis scientifique du Comité est une décision collégiale, fondée sur l’examen physique de l’œuvre et la consultation des archives de référence, rendue par un groupe d’experts aux compétences complémentaires. L’avis du Comité a vocation à s’inscrire dans le futur catalogue raisonné de l’artiste.

Oui. Si la maison Rouillac héberge les Archives Claude Bernès et soutient financièrement le Comité, elle n’intervient pas dans les travaux du conseil scientifique. Tout membre du Comité ayant un intérêt direct ou indirect dans une œuvre examinée se déporte systématiquement de la délibération. Cela vaut également pour Rouillac lorsqu’une vente est en cours.

Authentifier et soumettre une œuvre

Commencez par rassembler les éléments suivants et envoyez-les à l’adresse comite@marievassilieff.art :

  • Le titre présumé de l’œuvre et sa date approximative
  • La technique et les dimensions (hors cadre et hors verre)
  • Des photographies du recto et du verso de l’œuvre sans cadre
  • La provenance et l’historique connu (d’où vient l’œuvre, comment vous l’avez acquise)
  • Tout document d’archives disponible : correspondances, analyses, photographies anciennes, factures d’achat

Le Comité accusera réception de votre envoi. Si l’œuvre présente un intérêt pour le corpus, vous serez contacté pour un examen physique lors d’une des deux sessions annuelles du conseil scientifique, à Paris dans le quartier de Montparnasse. Aucun avis ne sera émis sur la seule base de photographies.

Les modalités tarifaires sont communiquées lors du premier contact. Le Comité dispose d’un règlement intérieur précisant les conditions de dépôt, les délais d’instruction et les modalités de communication des avis.

Le conseil scientifique se réunit deux fois par an, au printemps et à l’automne, à Paris. Les délais d’instruction dépendent du calendrier des sessions et du volume des œuvres soumises. Un délai indicatif sera communiqué lors du premier contact.

Vendre une œuvre

Le Comité Marie Vassilieff n’est pas une structure de vente. Pour la mise en vente d’une œuvre de Marie Vassilieff, vous pouvez contacter directement une maison de vente aux enchères, comme la maison Rouillac, partenaire fondateur du Comité, qui a organisé plusieurs ventes importantes d’œuvres de l’artiste : rouillac.com — 02 54 80 24 24.

Il est conseillé de soumettre préalablement l’œuvre au Comité pour obtenir un avis scientifique, qui facilitera son identification et sa valorisation sur le marché.

Archives, dons et soutien

Si vous possédez des documents relatifs à Marie Vassilieff — correspondances, photographies, manuscrits, catalogues, coupures de presse, documents d’archives — et souhaitez en faire don au Comité, contactez-nous à l’adresse comite@marievassilieff.art. Toute publication utilisant les archives du Comité devra mentionner leur provenance. Les archives données sont affectées de manière permanente à l’étude de l’œuvre de Marie Vassilieff et sont inaliénables.

Oui. Le Comité Marie Vassilieff est une association dont les ressources comprennent les dons et legs de particuliers et d’entreprises, les subventions publiques ou privées, et les produits de ses publications et manifestations. Votre soutien contribue directement à la préparation du catalogue raisonné, à l’organisation des sessions d’examen des œuvres et au rayonnement de l’œuvre de Marie Vassilieff. Pour tout don, contactez-nous à comite@marievassilieff.art.

Comité Marie Vassilieff c/o Rouillac 2, rue Albert Einstein 41100 Vendôme

comite@marievassilieff.art / www.marievassilieff.art