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Deux autres oeuvres rejoignent les collections publiques

La vente du 8 juin de la collection Claude Bernès réalisée par la maison Rouillac a également marqué l’entrée de deux œuvres de Marie Vassilieff dans les collections publiques française.

La première est la maquette originale de L’Été, l’État (1937, lot n°517), la fresque monumentale conçue par l’artiste pour la gare Montparnasse à l’occasion de l’Exposition universelle de 1937 — sa plus grande commande publique. Traitée dans un langage post-cubiste, la composition évoque la grande migration estivale des Français vers le littoral, thème emblématique du Front populaire et des premiers congés payés ; l’affichiste René Péron en réalisera ensuite la version définitive à grande échelle. Cette maquette est l’un des rares témoignages de la contribution de Vassilieff à l’art monumental des années trente. Elle est acquise par le musée de Bretagne à Rennes contre 49 600 €.

La seconde est un dessin préparatoire de son autoportrait de 1957, réalisé dans les derniers mois de sa vie à la Maison nationale des artistes de Nogent-sur-Marne, où elle s’éteint en mai de cette même année qui rejoigne les collection du Fonds d’Art Contemporain de la Ville de Paris.

Deux jalons, l’un au sommet de sa reconnaissance publique, l’autre au soir de sa vie, qui viennent aujourd’hui enrichir les collections françaises.

Marie Vassilieff, L'Eté, l'Etat, 1937
Marie Vassilieff, L’Eté, l’Etat, 1937

 

La dispersion de la collection Claude Bernès consacrée à Marie Vassilieff a constitué un temps fort de la 38e vente Garden Party organisée par la maison Rouillac avec 1.232.000 € d’enchères. Artiste franco-russe, figure phare de la modernité et âme de la bohème de Montparnasse, Marie Vassilieff (1884-1857) a suscité un enthousiasme sans précédent et entre à cette occasion au Centre Pompidou.

Les enchérisseurs asiatiques – à Hong Kong notamment – ont été particulièrement actifs, illustrant la dimension désormais mondiale de la cote de l’artiste. Ses deux grands nus, Moderne Salomé (Adam grand Nu) de 1931 et Ève (Portrait de Juliette Germain) de 1933 ont chacun atteint 148.800 €.

Si les amateurs français ont été nombreux et passionnés, il est permis de regretter que les musées nationaux n’aient pas davantage saisi l’opportunité historique d’enrichir massivement les collections publiques françaises d’une artiste femme de premier plan. Si son Autoportrait à l’effigie de 1929 rejoint les collections du Centre Pompidou (64.480 €), l’historique Banquet Braque de 1917 (76.880 €) quitte la France pour la Chine.

Les archives de Claude Bernès ont, elles, été données par sa sœur Maryan au comité Marie Vassilieff constitué par Aymeric Rouillac avec la famille de l’artiste, des historiens de l’art et des universitaires en vue d’établir le catalogue raisonné de l’artiste sous la présidence de Benoit Noël.

www.marievassilieff.art